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Une nouvelle fois, le FIFIB nous emmène dans des contrées inconnues. Manos Sucias, le destin de deux jeunes dealers à Buenaventura, une des villes les plus violentes de Colombie (c'est dire) et Vincent n'a pas d'écailles, le quotidien burlesque d'un super-héros récompensé par le jury. En conclusion, le palmarès de cette 3ème édition.

Thomas Salvador reçoit le prix du jury pour "Vincent n'a pas d'écailles" lors de la cérémonie de clôture

Thomas Salvador reçoit le prix du jury pour "Vincent n'a pas d'écailles" lors de la cérémonie de clôture

Manos Sucias de Josef Wladyka

Un polar dans les eaux sombres du trafic de drogue. Voilà comment on pourrait définir Manos sucias. Les mains sales, Delio et Jacobo, vont les avoir bien plus qu'ils ne l'auraient pensé. Dans un village dévasté par la guerre et la misère, ils n'ont d'autres choix que de devenir passeurs sur la côte pacifique. Ils ont une mission, livrer une torpille pleine de cocaine au milieu de l'océan à bord d'un rudimentaire bateau de pêche. Si Jacobo n'en est pas à son premier coup d'essai, Delio découvre le « job » avec toute la fougue et la naiveté de son âge. Devant la tâche à accomplir, eux qui ne se connaissaient pas la veille vont apprendre à ne devoir faire qu'un.

Sur le papier, Manos Sucias pourrait être un polar classique avec tous les ingrédients du genre, une situation perilleuse à la conclusion incertaine, des rebondissements, des courses-poursuites. Il l'est certes et ce n'est pas un de ses producteurs, Spike Lee, qui dira le contraire. Le film joue habilement avec nos nerfs lors notamment de contrôles de gardes côtes ou de paramilitaires en scooter qui font monter la tension à son comble. Des scènes d'autant plus efficaces qu'elles alternent avec des moments presque paisibles où les deux héros trompent l'attente et l'ennui en discutant football, filles et souvenirs de jeunesse. Une danse sur la chansonBuenaventura Y caney offre aussi une respiration salutaire et presque festive. Quelques moments d'insouciance volés à la dure réalité économique et sociale d'une région délaissée par les pouvoirs publics. Il n'y a ni bons ni méchants, juste les victimes d'un système mafieux et corrompu. Un constat amer que dresse le réalisateur Josef Wladyka après deux ans d'enquête. Très impliqué dans la région, il a animé le temps du tournage des ateliers de formations en scénario, réalisation, technique et a tourné uniquement avec des gens du coin, tous non-professionnels.

FIFIB : Le grand écart de la compétition
Tag(s) : #Festivals

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